
Un jour dans une rue de Bari, un vieil Italien me demanda où je comptais aller avec mon vélo. Je lui ai répondu le plus simplement du monde que je me rendais en Albanie pour voir un peu les Balkans. Ma réponse ne l’étonna qu’à moitié. Me regardant d’un air inquiet en pinçant sa bouche, il me dit ceci : « Albania Bella ! Ma Albenese, non bono ». Après six jours je confirme sa première information et infirme sa deuxième. En ce qui concerne le pays, le premier jour, du port de Durres jusqu’à Bérat, nous dévoila des paysages fades et sans intérêts. Une route côtière où les hôtels poussent comme des champignons, comme si l’Albanie s’était lancé dans une course effrénée avec la Croatie pour attirer les touristes aux bourses pleines sur les bords de l’Adriatique. Hélas, nombreuses de ses constructions sont stoppées et laisser en plan au bord des routes, ne servant que de perchoir a divers oiseaux. Ce n’est qu’en arrivant sur Bérat, que nous pûmes apercevoir enfin le début des Balkans et une ville chargée d’histoire. En se promenant sur la rue principale du centre on se serait cru sur les champs Elysée un soir de Juillet 1998. Beaucoup de monde était présent et profitaient de la fraîcheur de la soirée. Nous y avons également trouvé un petit restaurant sympa où nous avons pu apprécier la gentillesse des albanais et aussi un petit repas composé de plats traditionnels. Le second jour, nous attaquâmes les Balkans. C’est encore sous une chaleur que nous gravîmes les premières pentes et pénétrâmes dans le cœur de l’Albanie. Pour l’instant des villages sans beauté et sans âmes. En revanche les panoramas sont superbes et les albanais toujours aussi aimables (voir la vidéo).
A Polican, alors que nous nous rafraîchissions à une fontaine, Marcelo, une jeune Albanais nous invita à boire un verre avec lui qu’il nous offrit à la terrasse d’un café. Le lendemain, alors que nous nous étions mis dans une galère sans nom (pour ne pas dire un bousier), Sadik, un fermier, nous soulagea de notre calvaire le temps d’une nuit lorsqu’il nous croisa à bout de force, perdu dans une montagne à pousser nos vélos sur un chemin caillouteux qui ne cessait de grimper (Remarquez, si l’on se réfère à la sémantique française, ce n’est pas banal d’être soulagé et recueillit par un Sadik). Après nous avoir offert un bon goûter, je parti a la découverte de son humble propriété. Promenade au milieu de sa vigne, de son potager et surtout de ses ruches. Nous ramassâmes un peu de miel pour le soir. C’était génial de le voir manipuler ses panneaux de cire et de miel au milieu de toutes ses abeilles. Chaque geste est mesuré. Pas de mouvements brusques. Ensuite Sadik m’emmena à une séance de dégustation des produits maisons. Du vin et surtout du Raki, une eau de vie de raisin typiquement albanaise. Le Raki est fait par lui alors que le vin est fabriqué par son épouse. Un vrai bonheur. Manque juste une bonne compréhension de la langue albanaise car c’est avec deux mots d’anglais, d’italien et d’allemand que nous réussîmes une courte discussion. C’est dommage car il y a beaucoup de choses à apprendre d’eux, surtout qu’ils aiment beaucoup discuter. Mais nous y restons que quelques jours, car ce pays, qui offre une des plus grandes homogénéité ethnique du monde (96% de la population est de souche albanaise), ne mesure que 360 km du nord au sud et 145 de l’est à l’Ouest.
C’est à Korcë, que notre séjour albanais pris fin, pour rejoindre la Macédoine via la Grèce. Une semaine, cela n’est pas assez pour apprendre une langue aussi particulière que l’Albanais. Mais suffisamment pour y découvrir les plats traditionnels et surtout apprécier ces gens si sympas, pratiquant une religion musulmane très différente des autres pays où l’islam est la principale religion. Ici, les mosquées sont simples et je n’ai pas vu une seule femme porter le voile. |