
Je suis content ! Je suis très content car je viens de voir quelques hyppos et aussi parce qu’enfin je vais pouvoir vous donner quelques nouvelles. Nous sommes à Banfora et nous avons enfin trouvé un cyber digne de ce nom. Vous verrez enfin quelques nouvelles photos des différents pays que nous avons traversés. Quand je parle de pays il ne s’agit en fait que de pays ethniques car nous sommes toujours au Burkina Faso. Lorsque nous étions à Ouagadougou et tout le long de notre descente vers la ville de Zabré nous étions en pays Mossi. C’est l’ethnie principale (près de 50%) au Burkina. Mais après Zabré, les Ethnies se succèdent et ne se ressemble pas. Une ethnie différente chaque jour. Difficile de s’y retrouver. Chacune a sa langue. Certaines se comprennent et d’autres pas. Le moré, qui est le langage des mossis, est souvent la langue utilisée pour que deux personnes d’une ethnie différente se comprennent. Autre alternative est l’utilisation du français, ce qui nous arrange bien.
En pays Gourounsi, c’est l’ethnie Kasséna que nous avons le plus fréquenté. Dans le village de Tiébélé nous avons visité un habitat et ainsi en comprendre l’architecture. Les maisons en huit, les cases rondes et les cases carrés constituent les différentes formes que l’on trouve dans la concession familiale. La maison en huit est l’habitat des vieux couples, la case ronde celle des hommes célibataires et la case carré celles des femmes. Un village Kasséna regroupe l’ensemble des différentes concessions. Chaque concession est fermée par une enceinte en pierre.
Chez les Dagaras c’est différent. L’habitat est constitué d’un ensemble de cases collées les unes aux autres et en relation par de petits couloirs. Au sein de ces couloirs les greniers que l’on remplit par le toit. Plusieurs petites cours constituent les différents espaces de vie des différents membres de la famille. Chez les Dagaras les toits sont plats et les gens y accèdent souvent pour y dormir en saison sèche. Les villages Dagaras sont très étendus car les concessions sont situées au milieu des cultures. Ce qui met le voisin parfois le voisin à des centaines de mètres.
Chez les Lobis, les maisons vu de l’extérieur ressemble a celles des Dagaras. Une concession au milieu des champs. Mais dés que l’on rentre dans une d’elle, tout est très différent. Il y a en fait une seule cour centrale et toutes les habitations sont autour reliées par le mur d’enceinte. Les Lobis dorment également sur les toits en saison sèche ou alors tous ensemble au milieu de la cour. Autre différence entre les Lobi et les ethnies Dagara et Kasséna, est que celle-ci est acéphale. Si les deux dernières fonctionnent avec un chef de village, élu pour les Dagara, et de père en fils pour les Kasséna, il en est différent pour les lobi. Chacun est maître chez soi.
Une des dernières ethnies, très minoritaire, mais pas la plus inintéressante est l’ethnie des Gans. Constituée de seulement 10000 membres et tous regroupés sur le secteur de Obiré, à quelques Km de Gaoua au sud du Burkina, cette ethnie possède un roi. Ce roi est élu à vie par les membres de la famille royale. Un sanctuaire à Obiré regroupe tous les tombeaux des rois. Leur histoire est vraiment très intéressante. Il faut venir l’écouter, c’est tout ce que je peux vous dire.
Enfin, avant d’arriver à Banfora, nous avons passé plusieurs soirées avec des instituteurs des différentes écoles que nous avons vues sur la piste depuis Gaoua. Des soirées et des demi journée vraiment très sympa. D’ailleurs, ces écoles primaires de brousse cherchent à correspondre avec des écoles primaires françaises. Nous leurs avons promis d’essayer de faire quelques choses. Donc, si un (ou une) professeur des écoles est intéressé(e) pour correspondre avec une école de brousse burkinabé, contactez moi, je vous remettrez leurs coordonnées. Ce serait bien car ces enfants sont vraiment très agréables.
Voilà les dernières nouvelles. Inutile de vous dire que je ne m’ennuie pas. Il est très difficile de synthétiser en quelques lignes trois semaines de pistes. Les coups de colères comme le précédent envers les ONG succèdent aux moments de joies ou de bonheur. Vous pourrez certainement vous rendre compte à quel point cela m’amuse de photographier par exemple les insectes. C’est vraiment trop cool. Les papillons sont très durs à avoir mais je finirai par y arriver… |