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Maroc - Tata

de Lionel, le 10-02-2006
On arrive dans le Maroc du sud

J'apprécie de plus en plus mon état de voyageur et non de touriste. Cela nous ouvre des perspectives de rencontres immenses. Ces trois derniers jours, nous avons dormi dans des endroits très différents mais à chaque fois bien accueillit. A Tinejhir, un hôtel que je conseille à tous les voyageurs. Il s'appelle "l'oasis". Le meilleur rapport qualité/prix que nous ayons pour l’instant rencontré au Maroc. Quand je parle de qualité, je ne parle pas que de l'aspect de la chambre, je parle surtout de la qualité humaine de cet hôtel. Tinejhir, est une ville ou j'ai eut une sensation de paix énorme. De plus, je l'ai trouvé très belle. Lors de la promenade dans la palmeraie, j'étais si bien, que j'y serai plusieurs jours. Mais on doit être à Dakar pour le 2 mars. Foutu temps qui passe trop vite !
Pour la première fois, cela m'ennui réellement de ne pas pouvoir rester plus longtemps. On n’a même pas le temps de visiter les gorges de Todra. Je reviendrai, c'est sur. C'est endroit me plait. En allant à Boumalne, j'ai commencé à percevoir les limites de Virginie. Elle n'en pouvait plus de cette interminable route déserte avec le vent de face (qu'on avait depuis la veille) qui nous empêche d'avancer. Il est vrai qu'elle est fatigante psychologiquement. Du coup elle a fait du stop. Une camionnette nous a avancé de 10 km. Le chauffeur nous propose de nous emmener jusqu'à Boumalne et à ma grande satisfaction Virginie refuse. C'est cool. Elle a une grande force morale. Elle a quelques irritation dut à la selle, mais ne se plaint pas. Elle continu à avancer. Si pour moi, l'étape de Erfoud à été la plus difficile, je pense que celle de Boumalne l'a été pour elle. Une autre étape a été difficile. Celle qui nous a permis de passer des gorges du Dades à la Vallée des roses. Mais celle ci a été dure physiquement. La piste que nous avons empruntée est un vrai chemin de VTT. De la terre avec plein de caillasse sur lesquels les pneus ripent. 30 km pour remonter à 2000 m et plus de 6h de vélo, avec les bagages, c'est vraiment très difficile. Je tire mon chapeau à Virginie car elle a réussit là ou j'en connais qui aurait abandonné. Il faut préciser que sur la fin, de fatigue elle a chuté à trois reprises mais est toujours reparti toute seule. Mais ça en valait la peine car le décor était de toute beauté et cela nous a mené jusqu'a la demeure de Mimoun qui nous offert l'hospitalité. Il était 18h00 et le soleil était déjà couché. La demeure de Mimoun est située au sommet de la montagne qui surplombe la vallée des roses. Enfin, la pseudo demeure. En fait Mimoun est le gardien de l’antenne qui se trouve là. Il loge dans un espace de 10 m² avec son épouse Annouh et son fils Mohamed. Ce dernier n’a que cinq ans mais c’est un vrai phénomène. Une pile alcaline. Il nous à fait le pitre toute la soirée. J’ai passé une superbe soirée encore. Décidément, ça n’arrête pas les bonnes soirées. En fait je ne sais même plus quel jour on est. Virginie me le rappelle tout le temps. Nous avons dormi avec tout le monde dans cette petite pièce et on a eut bien chaud. Imaginez cinq personnes dans 10 m² ! Quand je pense qu’ailleurs il y en a qui râle quand leur chambre ne dépasse pas cette dimension ! Enfin ! Moi ça me convient..
Le lendemain il faut partir ! On redescend par cette piste toute caillouteuse. Mimoun nous dit que nous en avons pour 6 km avant de retrouver le goudron. Ok ! Cela nous permettra d’être à Ouarzazate ce soir. Durant la descente je suis à fond sur les freins. J’ai un peu peur de flinguer une roue de la remorque tellement c‘est hyper chaotique. Au bout d’un moment une intersection. A droite ou à gauche ? Après une longue hésitation (2mn) nous partons vers la droite. Mais après 200m le doute m’envahit ! Finalement on part vers la gauche. Cela fait 10 km que nous sommes sur la piste et toujours pas de bitume ! On doit écouter sa première intuition. Apres environ 20 km de bitume nous retrouvons avec bonheur l’asphalte. Quel plaisir quand ça arrête de secouer les épaules ! 4 km et nous voilà El Kalaa M’Gouna. Nous faisons que passer et décidons de prendre un taxi jusqu'à Ouarzazate.
Ouarzazate, rien à voir ! Alors on prend un bus pour Tazenakh. Ce qui est surprenant, c’est qu’en bus le vélo me manque. Apres une nuit tranquille on s’apprête à une dure journée vers Foum Zguid. Il y a deux cols à passer les 22 premiers km et 66 km à faire ensuite. Alors on se lève tôt et on y va. La route monte doucement, c’est presque trop facile. On roule, on discute, on attend tranquillement les montées. Au bout de 15 km toujours rien. Juste quelques petits faux plats montants. Je vérifie avec mon GPS. Quelle bonne surprise ! En fait on est déjà à 1500 m d’altitude et le col est à 1600. Soudain voilà une énorme descente. Je prends de la vitesse. Plus de 60 km/h avec ma remorque c’et presque de la folie mais c’est tellement grisant ! On a passé le col s’en rendre compte. Qu’est ce que c’est !!!! On dirait un écureuil ou quelque chose de semblable. Je freine fort mais c’est trop tard. Il est parti. Je reprends la descente. Le deuxième col se trouve sur la descente lui aussi. C’est vraiment trop facile aujourd’hui. IL est treize heure lorsque l’on s’arrête pour manger dans une oasis ! Comme tout les jours, c’est Virginie qui manifeste la première l’appel de son estomac. « J’ai FAIM ». Il faut dire que Virginie fait tout plus que moi. Elle mange plus, elle boit plus, elle fume plus, elle parle plus, etc…Le petit déjeuner est paisible. Un âne nous accompagne durant tout le repas. On y resterait bien mais il faut quand même y aller (une fois de plus). Les jambes sont dures. Au bout de quelques km ça va mieux. Cette deuxième partie de l’étape est plus lancinante. On se croirait ans le désert du Sérengueti. Juste un erg de pierre avec quelques arbres qui doivent être des arganiers. On arrive à Foum Zguid. On cherche un camping. Ca tombe bien on nous en indique un à la ortie de la ville ! Cool ! Nous nous y rendons. Le camping à ‘air sympa. En fait on ne dors pas sous notre tente mais sous des Khaima (tentes berbères). On demande le prix ! 50 drh par personne ! Je suis estomaqué et Virginie aussi ! Plus cher qu’un hôtel. On essaie de faire baiser le prix mais le propriétaire ne descend que jusqu'à 60 drh. Le prix de l’hôtel au centre. Nous allons alors à l’hôtel. Au moins on a une douche chaude pour le même prix. Ceci on se fera avoir un peu plus tard par un restaurant qui nous fera payer cher les repas. Et dire qu’il m’avait dit qu’il nous ferait un prix d’ami. Désormais c’est pas le prix d’ami que je veux c’est le prix tout court que je veux savoir !!!!
Ca m’empêche de passer encore une super nuit. Je dors comme un vrai bébé depuis que je suis ici. C’est vrai que la bushklet (c’est du berbère) ça fatigue bien tout de même.
De Foum Zguid à Tata on rentre dans le Maroc du Sud. La route n’est pas extraordinaire. Le paysage est beau mais lassant. Des lignes droites interminables comme entre Erfoud et Boumalne. De plus peu de voiture passe par ici. Pour la première fois j’écoute mon baladeur. Nous avons 66 km jusqu'à Tissint. Nous nous arrêtons pour déjeuner à l’entrée d’un village. A peine avons-nous posé les vélos que des enfants viennent à notre rencontre. Ils nous demandent des pulls, des chaussures, de l’argent. Malgré nos réponses négatives, ils insistent sur un air plaintif. Nous décidons de repartir. Je ne me sens pas trop bien dans mes baskets. Ont-ils réussi à me faire culpabiliser ? Possible. Nous nous arrêtons à 1 km à la sortie du village pour prendre ce repas. Deux femmes arrivent dont une avec un enfant en bas age. Je me rappelle la leçon de vie de Moha. On a pas grand-chose mais je propos la moitié de ma tomate à l’une d’entre elle. Par la suite je lui donne un bout de pain, du fromage et la moitié de mon orange. Nous n’avons pas grand-chose à manger mais bide, j’ai encore quelques réserves graisseuses dans mon bide sur lesquelles je pourrai tirer.
Nous arrivons vers 16h00 à Tissint. Il n’y a rien. Alors nous continuons un peu jusqu'à un petit village du nom de Trit. Nous plantons notre tente à coté de la ferme de Brahim et sa famille. Brahim vit des cultures de son oasis. Nous y passons une soirée tranquille. Le lendemain la pluie nous bloque chez Brahim. La brume est très basse. Nous allons nous promener dans les jardins lors d’une pause de la pluie. Zina, la sœur de Brahim nous fait une démonstration de grime à un palmier pour aller cueillir des dattes. La ballade terminée, voila que la pluie recommence. IL nous reste 60 km pour aller à Tata. On finira par partir vers 15h. Je suis persuadé qu’on ne sera jamais à Tata e soir. Et pourtant !! Il passe sur cette route une voiture toute les demi-heure. Eh bien parmi celle-ci il y a quand même un 4x4 qui vient à passe. Il nous embarque et nous dépose à Tata. Ca relève du miracle !!!!

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