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Maroc - Dakhla

de Lionel, le 18-02-2006
En transport en commun

Ce n'est pas le meilleur souvenir que je garderai du Maroc. Même si le paysage est beau, les longues lignes droites sur un bitume accrocheur sont très lassantes et très usantes psychologiquement. Surtout sous le vent et les averses fraîches. Dans ce cas, impossible de s'abriter. "Rien à droite de la route, rien à gauche non plus ! M’arrêter de pédaler c'est me geler tellement le vent est froid. Pas d'alternative. Je fou la tête dans la roue et j'avance pour sortir de cette foutu averse." J'essaie de penser à autre chose. Ma famille, mes ami(e)s que font ils en ce moment ? Quel jour on est ? Mercredi. Quelle heure ? 16h00. Alors lui doit être à son boulot, lui doit être à son sport, elle doit corriger des copies, elle doit travailler à son mémoire, elle doit garder des gamins, etc...Ils sont certainement dans leur quotidien bien au chaud et au confort. Finalement je suis peut être mieux sous la pluie. "Une fois le tour de tout le monde effectuer, j'essaie de penser à ce journal de bord. Qu'est ce que je vais pouvoir y dire dedans, alors que je ne vois rien si n'est les crampons de mon pneu qui défilent devant mes yeux. Je parlerai ben de ça. Au bout d'un instant la réalité me rappelle. "J'en ai marre de ce bitume qui me scotche ! Mais qu'est ce que je veux ! Je ne veux pas être à la place des autres, mais là où je suis en ce moment avec une bonne route et pas de pluie ! C’est pourtant simple non ?"
Après plusieurs km, nous voilà sorti de ces averses pour arriver enfin à Fim El Hassn ou nous y ferons un bivouac dans un poste d'observation ornithologique ou nous y avons croisé Mbarek, le responsable du poste. Il passe sa journée à observer les oiseaux (quasi inexistant) de 6h du mat à 19h. Un truc de fou. Et ça tous les jours. Comme il n'y a pas d'hôtel à moins de 50 km, il nous a proposé de dormir dans son poste. Mais ce n'était pas sans arrière pensé ; il a essayé de draguer Virginie. Nous avions dis que nous étions fiancés mais pas mariés. Il a donc proposé à Virginie de rester avec lui et de me laisser partir seul. Au moins c'est direct ! Je trouve cela trop marrant. En plus il m'a donné une djellaba. C'est plutôt un bon troc : une djellaba contre Virginie !
A Fim El Hassn, nous avons visité un site rupestre. C'était plus intéressant sur le papier que sur le terrain. Nous avons marché sur environ 10 km en plein erg sous le soleil (eh oui ! après la pluie le soleil) pour juste apercevoir quelques gravures. J'étais plutôt déçu.
Le lendemain, après avoir roulé toutes la journée sous de la flotte en nouveau nous devons entamé l'ascension d'un col à 18h00. Pourtant au pied du col je suis lessivé et je ne suis pas chaud pour le monter le soir même. Mais au pied de la montagne, monter un bivouac n'est pas un endroit sur avec tous les écoulements d'eau et de boue. Alors on grimpe. Etrangement, une fois sur les pentes, je retrouve de l'énergie et grimpe facilement. Au point que je me retourne pour vérifier que je n'avais pas oublier la remorque. Non ! Elle est bien là. On arrive au sommet du col où se situe un poste de contrôle de la gendarmerie royale. Nous arrivons sous leur admiration et du coup nous autorise à planter notre tente à coté de leur poste. "Qu'est ce qu'on dort bien à coté des gendarmes ! On se sent en sécurité...". De plus, au matin, nous avons eut droit à un plat de spaghettis et une orange au petit déjeuner. Cool !!!
Cette ascension fut pratiquement nos derniers tours de roues au Maroc. Après avoir effectuer la descente, nous fûmes pris en stop par Abdallah dans un Land Rover pour nous mener jusqu'a Guilmine. Alors que Virginie monte à l'avant en compagnie de Abdallah et sa fiancée, je monte à l'arrière, en compagnie des vélos et de mes bagages, cheveux au vent. Enfin presque ! Pas que je n’ai plus beaucoup de cheveux, mais parce que le Land était bâché. Je me voyais déjà dans la peau d’Indiana Jones. Il ne manquait que le chapeau et le fouet. Car pour les fringues poussiéreuses et l’odeur corporelle, on commence à sentir le renard. Une fois à Guilmine, Abdallah nous invite à dîner chez lui. On se retrouve donc dans sa maison avec toute sa famille. Abdallah ne se sent pas Marocain. Il est saharaouite ! Au fur et en mesure de la discussion, j’ai de plus en plus de mal à comprendre. J’apprendrai plus tard – Nouackchott, par Hamama, ce que voulait dire exactement Abdallah. Le Sahara à été envahit par le Maroc il y a quelques années. Depuis, ceux-ci réclament pour certain leur autonomie. Je ne vais pas vous raconter l’histoire entre le Maroc et la Mauritanie, car cela est très compliqué. Même si ce n’est qu’une région de désert, il y a beaucoup de phosphate et surtout le tourisme qui amène une bonne ressource or le propriétaire des lieux. Aujourd’hui, les saharaouites sont soient Marocains, soient Mauritaniens ou soient Algériens. On retrouve ainsi des familles séparées par une frontière administrative. En conclusion, au Maroc il y a les arabes, les Berbères et les saharaouites. Si les deux premiers apprécient à priori le nouveau roi Mohamed VI, il n’en est pas de même pour les derniers. Pas facile de composer avec tout ça. Je n’envie pas la place de roi. Je suis mieux sur mon vélo, même sous la pluie ! Chez Abdallah, les hommes et les femmes ne mangent pas ensemble. Aussi pour la première fois depuis le début du voyage, je vais pouvoir manger tranquille !! (je plaisante). Virginie est pris à part avec les sœurs d’Abdallah et est mise à la mode saharaouite. Tenue plus maquillage. C’est original !
Après avoir quitter Abdallah, nous nous renseignons pour partir en transport en commun vers Dakhla, situé 1100 km plus au sud. De plus, il nous faut aller nous laver (eh oui !cela fait 4 jours), laver notre linge et mettre à jour notre site. Mais tout ne va pas comme on voudrait. Après avoir pris nos renseignements, on opte pour un Taxi qui part de suite. Au moins le transport est sur car on ne nous garantit pas de place dans le bus. Du coup, pas le temps de se laver. C’est pas grave, on se lavera à Dakhla après les 14h de Taxi ! (Hummmm…).
Nous arrivons à Dakhla à 7h00 du matin après avoir passé 11 contrôles de police. Autant dire qu’il ne risque pas de nous arriver grand-chose. En revanche pour dormir ce n'est pas le top. Je suis naze, crevé. Nous profitons d’être arrivée aussi tôt pour prendre un copieux déjeuner. Chocolat avec pain beurre et confiture. Nous prenons notre temps. Je garde un œil sur les vélos pendant ce moment de repos. « Merde ! J’ai oublié ma gourde dans le taxi ». Ce qui ne surprend pas Virginie. Après avoir perdu déjà deux paires de gants, une serviette de toilette, plus rien ne l’étonne. Moi si pourtant !

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