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Sénégal
- Niokolo-Koba
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de Lionel, le 03-04-2006 |
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| Le bonheur |

Heureux ...Je suis heureux ! Assis au bord de la rivière je contemple. J'apprécie cette tranquilité et surtout cette beauté. Seul le chant des merles métalliques troublent le silence. Ils appellent ce petit coin du fleuve la piscine naturelle. On peut s'y baigner sans danger. Alors allons y puisqu'il fait chaud. Je me jette à l'eau. Je ne me sens pas complètement serein tout de même. Je reste a proximité de la rive, pas plus loin que cinq mètres. Je suis aux aguets. Au dessus de moi un vautour plane. Je l'observe. Je reste les yeux plantés dans les ailes de ce géant du ciel. Je savoure. Deux jours auparavant, sur la route de Tambacounda, j'avais vécu la même chose. A la différence près que j'étais sur mon vélo. Pupilles écarquillées par ce vol en plané, iris rivés sur les ailes déployées, je gardais ma tête dirigée vers les cieux alors que ma roue avant voguait vers le bas coté opposé de la route. "hé !!! Fait gaffe ! Cette distraction pourrait te coûter cher" me crie mon externopsyché (nommé aussi état parental selon Erik Bern) que l'on peut assimiler Áà la raison. "Ta bouche ! Laisse moi vivre" lui rétorque mon archéopsyché, (état enfant selon Mr Bern) qu'on assimile au lieu des Emotions. Sacré dilemme entre ces deux états !!! Aujourd'hui pas de dispute entre eux. Ils sont en accord. "Profite encore et encore" me disent ils. Déjà ce matin j'étais aux anges. Nous venions a peine de rentrer dans le parc du Niokolo-Koba, qu'une famille de phacochère traversait devant le pick-up en guise de bienvenue. "Ouahh !" Assis sur la plateforme, je me levais rapidement. "Vite ! Mon appareil ! Fait chié, trop tard". A peine remis de ma déception, une espèce de grosse biche apparaissait sur la gauche. "Magnifique ! Ne bouge pas ! Une photo". Cet instant m'a remplit de joie. J'étais tel le gamin qui vient d'ouvrir son cadeau de noël. "Encore ! J'en veux encore ! Au prochain cadeau !". Il ne tardait pas à venir. Une tribu de babouin traversait la piste. J'ai juste eut le dernier au vol ! "Trop lent ! Je suis trop lent ! Vite, ma panoplie de Lucky Luke maintenant. Il faut que je dégaine plus vite que mon ombre et surtout que la leur. Au diable Indiana Jones ou Obiwan Kenobi, je veux être Lucky et le pick-up sera mon Jolly Jumper". La matinée ne faisait que commencer que déjà les animaux sauvages se succèdent. Tout mes sens étaient en éveils. J'observais, j'écoutais je sentais. Oeil vif, oreille tendues, narines dilatées, je me délectais. Je reviens vers la rive. A peine sortie de l'eau, je sèche en moins de cinq minutes. Je retourne à la case. Les filles dorment toujours. Je m'assois sur le fauteuil à l'extérieur. Dans les arbres au loin, des singes verts s'amusent. Je les épie. C'est tellement plaisant d'observer les animaux ici. Et puis voilà qu'ils commencent à s'approcher. Je m'enfonce dans mon fauteuil. Ils ne m'ont pas vu. Je ne bouge plus. Ils continuent à s'approcher. Ils viennent jusqu'à deux mètres. Je suis statufié. Seul l'index de main droite effectue le mouvement nécessaire sur le bouton argenté de mon panasonic. Clic, clic, clic, clic ! Je n'arête pas c'est incroyable. La journée est belle ! La vie est belle. Aujourd'hui mes cinq sens ont été honorés. J'ai vu de beaux animaux, entendu de jolis chants, senti de bonnes odeurs. Tout ça a un petit goût de paradis, le sentiment d'avoir touché du bout des doigts le bonheur. |

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