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Niger
- Gaya
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de Lionel, le 24-06-2006 |
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| Prise de conscience |

« Je suis fatigué, je suis épuisé, je suis mort. Encore 1 Km et je m’arrête. Je n’arrive plus à suivre Virginie. Ce n’est plus qu’un point blanc au bout de la route. Le physique ne suit plus. La tête non plus. Je peste, je râle dans mon coin. Depuis quelques jours que je traîne des problèmes intestinaux, je suis toujours à la ramasse. Quelques jours où chaque fin de journée est une délivrance tellement je morfle sur mon vélo. Nous sommes sur la route de Gaya. Le paysage n’est même pas intéressant. Rien ne va. 188 Kkm à faire en deux jours Je commence à en vouloir à Virginie. Elle sait pourtant que je ne suis pas au top. Hier au terme d’une longue journée et de beaucoup d’effort nous avons réussit à en faire 90. Le vent nous y a beaucoup aidé. Aujourd’hui, c’est différent. Le vent est en pleine poire. Je suis scotché à la route. On est parti depuis deux heures et n’avons fait que 20 km. On ne pourra jamais être à Gaya ce soir. Pourtant nous avons déjà les billets de bus qui part demain matin pour Parakou. Je savais qu’il fallait qu’on le prenne de Dosso ce bus et éviter de se donner ce challenge impossible à réaliser dans ces conditions. On ne connaît pas la route, ni l’état de la route et surtout on est en saison de pluie. Trop de paramètres qu’on ne maîtrise pas pour espérer faire plus de 90 Km par jour pendant deux jours. Pourquoi vouloir as tout pris faire cette route. Je trouve cette décision égoïste. J’en ai marre, dans dix minutes je m’arrête. Je ne peux plus avancer ».
Ce discours de victime de la décision de Virginie, je vais le tenir pendant des kilomètres jusqu’au moment, je ne sais pourquoi, je me suis dis qu’en fait ce qui se passait n’était que ma faute et rien que ma faute. J’aurai du insister pour prendre ce bus à Dosso. Pas seulement le suggérer, mais l’imposer. On est toujours mettre de ces choix. Si elle voulait continuer en vélo alors elle le pouvait et moi prendre le bus. Ce n’est pas elle qui m’a mi sur le vélo et qui m’a dit d’avancer. Si je suis sur cette route à trimer en ce moment c’est uniquement ma faute. Sa décision n’était pas égoïste mais basé sur ses capacités à réaliser ce parcours dans les délais. Puisque je ne m’en sentais pas capable, je n’avais pas qu’à m’y engager.
Etrangement, après cette prise de conscience, cet arrêt d’attitude Caliméroesque, la tête allait mieux. Du coup j’ai pu suivre Virginie. Ce n’est pas devenu facile, car physiquement les problèmes étaient toujours là, mais ce fut beaucoup moins difficile car la tête allait mieux. Comme quoi le mental est super important. En plus, on est même arrivée à Gaya à 17h00 après 105 Km parcouru. J’étais vraiment content et fier de moi d’y être parvenu ; d’avoir gagné ce combat. |

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