Cela fait trois jours que nous pédalons. Entre Tanger et Mechra-Bel-Ksiri, 162 Km où s'alterne les plats et vallons. Tanger est surnommée "La blanche". Un surnom non usurpé. Du Biladi, on ne voit que ses murs blancs qui surplombent son port. Un autre surnom pourrait très bien y aller. "Tanger la gardée" tellement sont nombreux les policiers à l'intérieur et autour de la ville. Mechra-bel-ksiri doit son nom à une histoire peu banale. Il y a quelque temps de ça, la ville était séparée par la rivière en deux zones bien distinctes. La seule façon de passer d'une rive à l'autre, était d'utiliser la barge de Mr Bel-Ksiri. Le terme Mechra, veut dire passage. Depuis, cette ville porte le nom de son passeur. Finalement, on peut laisser une trace dans l'histoire tout en étant quelqu'un d'ordinaire.
Sur notre route, une halte à Asilah, une ville tout en bleu et blanc. Les mêmes couleurs que mon club de rugby de coeur : le CO (Castres Olympique). Jusqu'à notre arrivée à Mechra, nous traversons en somme une région agricole. Les principales cultures que nous reconnaissons sont la canne à sucre et le blé. Ce dernier en est au tout début de sa pousse en cette saison. Le principal élevage est la brebis. De nombreuses fermes, enfin je crois que s'en est, se trouvent au bord des routes. Par ferme, n'imaginez pas de grandes bâtissent avec des silos et bergeries. Non, ce ne sont que de toutes petites maisons. De cette zone agraire et non touristique, je retiens la sympathie de ses résidants, leurs sourires et leurs encouragements qui m'ont réchauffé le coeur tout le long de ces trois jours. En exagérant, mais légèrement, il y a eut autant de "salam" et de "bon voyage" que de coup de pédales.